LA METAMORPHOSE D'UNE SCULPTURE

Alain Choisnet sculpte ses modèles principalement dans l’argile. Une sculpture peut lui demander 100 à 150 heures de travail jusqu’à sa finition. Puis il la confie à un fondeur d’art qui va la transformer en bronze. Plusieurs métiers interviennent dans cette réalisation. En quête constante de la meilleure qualité, il intervient à différentes étapes du processus en plus du soin apporté par la fonderie.

 

La technique de la fonte du bronze à la cire perdue

Utilisé depuis plus de 5000 ans, le bronze est un alliage de cuivre et d’étain. Voici les principales étapes de la technique dite « à la cire perdue » qui permet de reproduire des objets en bronze et peut varier légèrement d’un atelier à l’autre. Cette vidéo illustre ces différentes phases.

 

 

Le moulage

Une première empreinte en silicone en deux parties est réalisée directement sur l’argile (parfois la sculpture est découpée et ses différentes parties moulées séparément). Du plâtre est ensuite appliqué sur le silicone afin de le soutenir pour qu’il ne se déforme pas. La qualité de ce moule (silicone + plâtre) est primordiale car elle permettra de reproduire fidèlement tous les exemplaires du modèle original (les 8 exemplaires + les 4 épreuves d’artistes).

 

Le cirage

La sculpture en terre est ensuite démoulée (l’argile peut être ré-utilisée pour créer de nouveaux modèles). Le fond du moule est estampé soigneusement à la cire à l’aide d’un pinceau (afin d’éviter les bulles d’air), puis les deux parties sont assemblées. De la cire liquide est versée dans le moule de façon à ce qu’elle tapisse les parois du moule, le surplus est évacué. Cette épaisseur de cire donnera l’épaisseur du futur bronze.

 

A la base du moule on installe les premiers canaux d’alimentation (bâtonnets de cire qu’on appelle les jets) qui sont reliés au cône de coulée (futur entonnoir par lequel on fera couler le bronze). Puis le moule est rempli de plâtre réfractaire. Les canaux de coulée et le cône sont recouverts de ce plâtre.

 

Les retouches

Le moule en silicone est alors ouvert et la sculpture, qui est maintenant en cire avec un noyau en plâtre réfractaire, est retouchée afin de rectifier les déformations et gommer les lignes de joints du moule.

D'autres jets sont placés autour de la sculpture et relié aux canaux déjà en place. Ils permettront au bronze en fusion de se propager dans toutes les parties du second moule en plâtre réfractaire.

Un second réseau est créé (les évents), qui n’est pas relié au cône de coulée, afin de permettre aux gaz de s’échapper lors du coulage du bronze

 

Des clous, plantés à la moitié de leur longueur dans la sculpture, maintiendront le noyau en place à l’intérieur du moule lorsque la cire aura fondu.

 

Le moule de potée

Un second moule créé autour de la sculpture en cire est appelé « moule de potée ».

 

Plusieurs couches de plâtre réfractaire sont d’abord pulvérisées afin de prendre une empreinte très précise de la cire. Puis elle est enrobée de ce même plâtre dont l’épaisseur varie selon la taille de la sculpture.

 

L'étuvage

Le moule est placé dans un four durant 48h et la température montée jusqu’à 300° pour évacuer la cire qui s’écoule par les différents canaux (décirage). Puis on monte la température du four à 600° pour cuire le moule de potée et le noyau qui devront résister à la coulée du bronze en fusion.

 

La coulée

Le moule réfractaire est enterré dans un bac de sable à la hauteur du cône de coulée puis rempli de bronze en fusion à environ 1200° (selon la composition de l’alliage).

 

Le décochage

Lorsque le bronze est refroidi, le moule de potée est cassé (décochage) et le noyau extrait par fragments de l’intérieur de la sculpture. Ce moule n’aura donc servi qu’une seule fois contrairement au premier moule en silicone qui est conservé précieusement pour les tirages suivants.

 

Les canaux, maintenant en bronze, sont coupés et la sculpture nettoyée au jet d’eau et décapée au sable.

 

La ciselure

Vient l’étape minutieuse de la ciselure qui permettra de corriger les imperfections, d’enlever les surplus, de boucher les trous et de ressouder entre elles les différentes parties de la sculptures si besoin, puis de la polir. Le bronze apparaît alors jaune-doré. Le nom du sculpteur (s’il n’est pas déjà inscrit), le numéro d’édition et le cachet de la fonderie sont poinçonnés à la base de la sculpture.

 

La patine

Le bronze contenant principalement du cuivre, l’humidité de l’air finira par l’oxyder, lui donnant une couleur verte (vert de gris) s’il n’est pas patiné avant sa sortie de fonderie.

La sculpture est donc oxydée à chaud à l’aide de divers acides appliqués avec un pinceau, qui feront réagir le bronze en lui donnant différentes teintes en fonction de l’oxydant et de la température utilisés.

Lorsque la couleur souhaitée est obtenue, l’oxydation est arrêtée à l’aide d’un revêtement protecteur. Pour cela on applique une fine couche de cire sur la sculpture.

 

C’est finalement après avoir été cirée et lustrée que la sculpture révèlera tous ses reliefs, prête à vous séduire !

 

Pour voir ses oeuvres de plus près vous pouvez visiter la galerie du sculpteur située à Mougins.